Le « raconteur d’histoires » Patrick Huard recevra un Prix du Gouverneur général
Le 14 juin prochain, Patrick Huard se verra remettre le prestigieux Prix de la réalisation artistique (Écran et voix) lors de la soirée des Prix du Gouverneur général pour les arts du spectacle (PGGAS), à Ottawa. Une reconnaissance nationale pour l’artiste, qui, malgré ses décennies de métier, se voit encore comme un « p’tit cul de Rosemont qui fait de l’impro ». Depuis ses débuts comme humoriste – il a été sacré découverte de l’année au Festival Juste pour rire en 1991 – le touche-à-tout n’a cessé d’ajouter des cordes à son arc : acteur, scénariste, réalisateur, animateur, producteur. Mais peu importe le chapeau qu’il porte, il affirme qu’il fait essentiellement la même chose. Patrick Huard au Gala Les Olivier en 2001 Photo : La Presse canadienne / ANDRE FORGET Avec son film Bon cop, bad cop et sa suite, Patrick Huard a contribué à rapprocher les cultures francophone et anglophone; les fameuses Colm Feore et Patrick Huard dans «Bon cop, bad cop», d'Érik Canuel Photo : Alliance Vivafilm Encore à ce jour, il est renversé par la popularité de Bon cop, bad cop, notamment auprès des nouveaux arrivants au pays, qui y sont souvent exposés dans un contexte éducatif ou d’intégration. Pour moi, le rire, c’est le passeport vers l’inclusion. Entre ses nombreux rôles au petit et au grand écran, ses films et ses séries à titre de réalisateur (Les 3 p'tits cochons, Filière 13, Taxi 0-22), ainsi que ses nombreuses animations au Gala Juste pour rire ou encore à la télévision (La tour, LOL : qui rira le dernier), Patrick Huard a déjà une carrière bien remplie. Mais il affirme qu'il est loin d'avoir fini de raconter des histoires. Actuellement en tournage de l'adaptation télévisuelle de Bon cop, bad cop, il pense déjà à ses prochains projets, dont un rêve qui fait écho à son enfance, alors qu'il a brièvement pensé devenir avocat. La soirée de remise des PGGAS se tiendra le 14 juin au Centre national des arts à Ottawa. Parmi les autres artistes qui seront mis à l’honneur, on compte le compositeur de musique classique Denis Gougeon, le producteur de musique Bob Ezrin et l’acteur Graham Greene.Ça m’a un peu bouleversé, je ne m’attendais pas à ça du tout
, explique Patrick Huard au bout du fil, quelques semaines avant d'ajouter ce nouveau prix à sa collection, déjà bien garnie de gémeaux et d'oliviers. C’est touchant et gratifiant, parce que tu te dis : "Bon, il y a quelque chose que je fais qui participe à l’album photo culturel de chez nous."
Je suis juste un raconteur d’histoires, et c’est ça que j’essaie de perfectionner depuis 36 ans, avec toutes sortes de moyens différents
, dit-il.Même quand j’animais le talk-show La tour à TVA, je n’arrêtais pas de répéter à mon équipe : "Ce n’est pas du booking, c’est du casting". C’est quoi l’histoire qu’on raconte dans notre show aujourd’hui?

Le rire, un passeport vers l’inclusion
deux solitudes
, telles qu’elles sont souvent décrites. C’est pourquoi le caractère national du prix qu’il s’apprête à recevoir a une résonance particulière chez lui.C’est drôle parce que je suis quand même très québécois, même nationaliste québécois, dans ma pensée, et j’ai probablement fait le film le plus canadien. Mais pour moi, ce n’est pas un paradoxe
, explique-t-il.L’affirmation de mes racines ne se fait pas au détriment de celle des autres. Je veux que le plus de personnes possible connaissent ma culture parce que je la trouve formidable, pas nécessairement meilleure. Je pense qu’on gagne tous à mieux connaître les autres.

C’est super touchant de voir la réaction des gens après, qui viennent me parler de leur réalité. Souvent, ce sont des réfugiés qui ont vécu toutes sortes d’affaires, et on les voit tous rire ensemble, en gang
, raconte-t-il.Quand tu arrives dans une nouvelle gang, le fait de se sentir accepté commence par le rire. Première étape : tu comprends les jokes du groupe. Deuxième étape : les gens font des blagues sur toi, tu commences à être dans la gang. Et la dernière étape, c’est quand tu commences à faire rire le groupe.
Le rêve d'un film de procès
Quand j’étais jeune, j’aimais beaucoup les films de procès, et je pense que j’aimerais faire ça, un excellent film de procès
, explique-t-il.J’aimerais jouer un avocat avec des grandes plaidoiries qui n’existent pas dans la réalité. Je pense à The Verdict, avec Paul Newman, A Few Good Men, A Time to Kill, The Insider. J’adorerais faire ce genre de film là. Ça doit être très le fun à écrire.
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